Ils étaient à peine plus que des enfants et certains d'entre eux avaient mis l'attente à profit pour jouer, comme l'auraient de plus jeunes qu'eux.
Nul ne vit le grand firbolg à l'armure rouge et éclatante entrer, s'installer sur l'estrade et patienter quelques instants que le calme se rétablisse.
A bout de patience, il n'en avait pas énormément, et voyant que la quiétude ne semblait pas décidée à se montrer il décida de la provoquer.
- SILENCE! hurla-t-il d'un voix si puissante qu'elle aurait pu faire trembler les murs.
Et le silence immédiatement s'installa. Tous regagnèrent leurs places dans la précipitation et le désordre.
- Jeunes gens, poursuivit il, vous apprendrez vite que ce genre de comportement n'a une place que limité en ces lieux. Je suis le Général Kashar Mac Nölm et j'ai été chargé par la reine Brigit de diriger cette académie.
Il s'accorda un bref instant de pause pour que tous puissent intégrer ce qu'il venait de dire.
- Vous venez tous d'atteindre le cinquième cercle du savoir. Je vous en félicite. Vos parents vous ont donc envoyés ici, à Tir Na Nog, afin que vous puissiez poursuivre votre apprentissage dans les meilleurs conditions. C'est donc pourquoi, je vous souhaite à tous la bienvenue dans cette académie. Puissiez vous passer ici des heures profitables et instructives. Je cède maintenant la place à M. Lobais qui dirige cet établissement en mon nom lorsque je suis absent.
S'avança alors sur l'estrade un petit lurikeen, que personne n'avait encore remarqué tant le général les impressionnait.
- Bonjour, bonjour mes enfants! lança-t-il d'une petite voix enjouée. Et bienvenue, oui bienvenue!
Il semblait d'un âge assez avancé et ne pas jouir de toutes ses facultés. Sans vraiment que les enfants ne comprennent pourquoi, il se tu. Les regardant placidement, lissant sa robe noire ou jouant avec son bâton. On aurait dit tout à coup qu'il ne savait pas pourquoi il se tenait là , devant une foule d'enfants interrogateur et perplexes. Mac Nölm lui tapota doucement l'épaule et plia son imposante stature pour lui chuchoter quelques mots à l'oreille.
- Oh oui biensûr, rétorqua-t-il, biensûr. Et il se retourna vers l'auditoire. Je suis M. Lobais, j'ai la tâche de ... il lança un regard vers le général ... à oui! Je suis le conseillé de la Reine Brigit et je suis en charge du bon fonctionnement de l'académie en l'absence du général Mac Nölm. C'est, euh ... son regard se vida soudain puis repris vie sans le moindre avertissement ... c'est également moi qui vais vous faire visiter l'académie aujourd'hui, vous montrer vos dortoirs et vous présenter vos professeurs.
Et il ajouta comme pour lui même mais, sans doute sans le vouloir, à haute et intelligible voix:
- Si je parviens au moins à me souvenir du chemin des cuisines.
Il y eu un grand éclat de rire collectif et Lobais dévisagea la salle sans comprendre la raison de cette soudaine illarité.
Le lurikeen frappa le sol de son bâton à plusieurs reprises pour ramener le calme.
- Allons mes enfants, suivez moi! Allons, suivez moi!
Et il sauta de l'estrade et s'en fut d'un pas allerte par un couloir. Surpris de ce soudain regain de vigueur les enfants se précipitèrent à sa suite dans un martèllement de bruit de pas.
Sophen avait grandi à Ardee, un village proche de la capitale Tir Na Nog. Ses parents y tenaient une taverne. Toute son enfance il y avait vu de nombreux aventuriers et soldats du royaume de tous rangs et de toutes classes venir raconter leurs exploits autour d'une choppe de Ce-Liquide-Que-Je-Ne-Veux-Pas-Te-Voir-Approcher-Tant-Que-Tu-N'auras-Pas-De-Poil-Au-Menton, comme lui répétait sans cesse sa mère. Bercé par les exploits autentiques des uns et les fabulations extravagantes des autres, ils n'avait que deux souhaits depuis son plus jeune âge: porter la barbe et entrer au service de son royaume.
L'age d'entreprendre le voyage vers l'académie était venu bien plus vite que celui de boire de la bière. Dès qu'il eut atteint son cinquième cercle, sa mère lui avait préparé un petit baluchon qu'il avait empporté avec lui à la capitale. Ses parents l'avaient accompagnés jusqu'aux porte de Tir Na Nog. Tremblante et sanglotante, sa mère ajusta sa tunique, lui recoifa les cheveux et le serra longuement dans ses bras. Elle ne le lacha que lorsque son père, un grand celte à l'air bouru et avart de paroles ne le tira vers lui et lui teint, les yeux brillants de fièreté, un discourt sur le courage, l'honneur et le dévouement. Il l'avait ensuite poussé vers l'entré de la cité et s'était retourné auprès de sa femme en reniflant. Bien qu'il ne l'ai jamais vu pleuré, Sophen pensait qu'il avait versé quelques larmes en le voyant s'éloigner, son baluchon presque aussi grand que lui, sa mère était une femme prévoyante, jetté sur l'épaule. Il s'était retourné pour leur faire un dernier signe de main puis était entré dans la ville.
Il n'était arrivé que depuis quelques heures dans ce grand univers bruyant et grouillant d'activité que les grands appelaient Tir Na Nog La Belle que déjà ses parents lui manquaient. Et tout en suivant ce petit homme parmis les autres élèves, ils se demandait si tout celà vallait bien la peine de partir loin de ceux qui l'aimaient.
L'avenir lui apprendrait que le destin avait pour lui de biens grands projets et que, à jamais, ses parents seraient les parents les plus fières de leur fils que le royaume d'Hibernia ai jamais porté.
(HRP: la suite bientôt
